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Animal du jour : Orvet
Orvet


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Abeille Maçonne Rouge Osmia rufa

Affilié à la famille Abeille



Osmia rufa



Période d'activité Jour
Vie sociale Solitaire
Menacé Pas d'information
Habitat Haies âgées et matures, lisière des bois et forêts
Régime Herbivore
Reproduction Saisonnière
Taille Mâles : 6-11 mm ; femelles : 10-16 mm
Esperance de vie 1 an en totalité, pour les adultes : mâles : 2 à 3
Localisation Europe continentale, région Méditerrannée, Angleterre, Pays de galles et sud de l'Ecosse



Leurs nids peut se trouver dans d'anciens morceaux de bambou jetés, des serrures de serres, des trous dans un morceau de silex, trous de clous dans les piquets et béton, les bricks d'aération et les espaces entre les tuiles ou chaume.

Osmia rufa est une abeille de printemps et les individuels les plus précoces apparaissent dès les premiers jours doux de mars. Ce sont les mâles qui arrivent en premier. Les femelles sortent 7-10 jours plus tard mais restent actives jusqu'à la fin de juin ou mi-juillet.
Comme les femelles, les mâles sont couverts de poils denses roux-marron mais ils sont plus minces et ont une touffe de poils blancs sur leur tête.

La tête des femelle est plus grande et plus carrée que celle des mâles : c'est pour les grands muscles, associés à de puissantes mâchoires, utilisés pour excaver la boue.

Après leur émergence, les mâles passent du temps à se nourrir du nectar des fleurs et à voler dans une manière agitée autour des entrées des nids en attendant l'apparition des femelles. Les mâles sont agressifs entre eux et souvent se bousculent pour des positions avantageuses près des nids. Comme les mâles de toutes les espèces d'abeilles, ils n'ont pas d'aiguillon.
Quand les femelles commencent à émerger, il y'a une course folle entre les mâles pour être le premier à s'accoupler. La raison de cette compétitivité est que normalement, les femelles ne s'acouplent qu'une seule fois et ont donc une ressource de jeunes femelles vierges qui diminue rapidement.
Une femelle n'a besoin que d'un seul accouplement parce qu'elle stocke les spermatozoïdes dans un sac spécial, le spermathèque, et qu'il lui fournit assez de sperme pour féconder son complément, c'est-à-dire autour de 40 oeufs.

Les mâles sont donc rapidement usés et épuisés, avec des morceaux de poils écorchés et des ailes qui sont de plus en plus éffilochés. Ils mourront vers les 3-4 semaines, laissant les femelles continuer leur travail de nidification et d'affouragement.

Immédiatement après sa sortie, la femelle cherche un groupe de fleurs sur lesquelles elle pourra se nourrir. Elle a besoin de nectar riche en sucre comme carburant pour toutes ses activités et du pollen comme source de protines pour compléter la maturation des oeufs dans ses ovaires.
Quelques fois, la femelle devient froide et se réchauffe donc au soleil, posée sur une feuille, une fleur ou sur un mur.

Pendant la période où elle se nourrit, elle doit s'exposer au feu des mâles qui cherchent une partenaire et qui détectent sa présence par des âromes en addition aux stimuli visuels. Les mâles parcourent souvent les zones de nourriture qui attirent les femelles, et pas seulement les nids. L'un après l'autre, ils se lancent sur la femelle, parfois plusieurs au même moment, mais elle les rejette tous avec un bruit soudain et fort de bourdonnement qu'elle fait par des vibrations rapides de la pointe de ses ailes.

L'accouplement dure 5-10 minutes avec le mâle au dessus de la femelle. De temps en temps, la femelle émet un bourdonnement soudain et abrupt pendant que le mâle reste avec ses antennes plus longues, tenu vers l'avant et le sol, dans une position caractéristique. L'accouplement peut se passer sur une feuille ou sur la terre et, pendant le processus, la femelle peut se promener en portant le mâle. Toutefois, l'accouplement reste très attirant pour les autres mâles qui se jettent sur eux pour essayer de faire partir le mâle.
Après l'accouplement, les deux passent beaucoup de temps à se nettoyer en utilisant leurs pattes et à mettre en forme leurs ailes. Après quelque temps, le mâle reprend ses vols et recommence sa chasse aux partenaires.
Pour la femelle, son travail de nids commence.

Quand elle trouve un site avec du potentiel pour faire un nid, elle l'inspecte soigneusement en frappant avec ses antennes autour de l'entrée avant d'y pénétrer pour un examen plus détaillé. Si c'est un trou de scarabée dans du bois, elle aura besoin de nettoyer les restes de fibre de bois et les fumiers du scarabée. Elle va faire des marches arrière répétitivement jusqu'à l'entrée du nid, utilisant son abdomen pour pousser les déchets dehors. Si le nid a été utilisé par une femelle l'année précédente, vous pourrez alors l'observer à nettoyer les restes du pollen, cocons et partitions entre les cellules.
Si elle se décide de prendre cette cavité comme son nid, elle y dormira juste à l'entrée. En fait, le temps qu'elle termine ses activités, souvent jusqu'à la tombée de la nuit, elle restera dans sa nouvelle maison qu'elle vient de choisir.
Dès que les premiers rayons de soleil, le lendemain, commencent à chauffer l'entrée, la femelle se met à bouger. Elle aura besoin de faire le plein de nectar de fleurs aptes les plus proches mais avant, elle apprendre les alentours et mémoriser des indices qui lui permettront de retrouver sa nouvelle résidence.

Le premier comportement est celui d'une femelle qui vole répétitivement d'un côté à l'autre, dans une figure de huit autour de ce qui semble être un point central, l'entrée de son nid. Une telle femelle est en train de mémoriser des signes importants visuels près de son nid, par exemple une pierre, des fleurs, un ancien pot, etc.
La femelle agrandira progressivement le diamètre de sa figure de huit et, en même temps, voler plus haut et plus loin. Elle aura ainsi commencé à mémoriser les indices plus éloignés de l'entrée de son nid.

Après quoi, elle est prête pour aller se nourrir. Durant son trajet, là aussi, elle mémorisera les objets et la direction qu'elle a prise par rapport à son nid.
Elle peut aussi mémoriser la position du soleil relatif à l'entrée de son nid pendant qu'elle le quitte. Même si des nuages le cachent complètement, qu'importe, puisque ses yeux peuvent détecter la direction de la lumière polarisée.
Après s'être nourrie, elle retourne à son nid et pourra y refaire quelques vols d'orientation. Mais maintenant, les nids deviennent prioritaires.

Pour ce faire, elle a besoin de boue. La terre, de préférence avec des graines fines qu'elle pourra convertir en boue avec une texture juste pour ses besoins de construction, sera nécessaire. Sa première sortie après le voyage pour se nourrir, ne sera non pas de chercher le pollen, mais la boue, car sa principale tâche sera de mettre une couche de plâtre de boue au fond de son nid.
Lors de cette recherche, le vol de la femelle est très distinct : elle passe bas au-dessus de la terre sans végétation et se pose souvent pour en contrôler la texture. Parfois, on y voit plusieurs femelles en train de le faire au même endroit parce qu'elles sont attirées par le même type de terre.

Finalement, la femelle trouvera le site parfait et commencera à travailler la terre en l'enlevant avec ses mâchoires puissantes et en y ajoutant de la salive, si nécessaire, pour en faire une pâte malléable. Bientôt, elle aura un ballon de boue presque aussi grand que sa tête.
Elle le portera à son nid et l'appliquera au fond du tunnel. Elle pourra faire 2-3 voyages pour ramasser la boue avant que ce travail ne soit complété. Comme elle aura trouvé de la terre apte, elle y retournera encore et encore pendant son cycle de nidification et fera une petite carrière. Parfois, plusieurs femelles utiliseront la même "carrière" et on pourra les voir disparaître dans un trou qu'elles auront excavé ; un tel comportement peut laisser supposer qu'elle fait ses nids dans le sol.

Après avoir rendu lisse l'application de la boue interne, la femelle commencera la prochaine de ses tâches : la recherche et le ramassage du pollen. Elle visitera une large gamme de fleurs et retiendra vite celles qui sont les plus riches en pollen ou nectar du moment.
Il faut entre 8 et 15 voyages d'affouragement pour ramasser assez de pollen pour approvisionner une cellule. Il est possible de déterminer le nombre de voyages faits pour une cellule en en ouvrant une finie avant l'éclosion de l'oeuf et là où la larve n'a pas encore commencé à manger, on peut voir les différentes couches de pollen ; chaque strate représente une seule sortie.
La raison de cette différence importante dans le nombre de voyages pour les cellules est du au sexe de sa progéniture : les femelles sont plus grandes que les mâles et leurs larves ont besoin de plus de nourriture que ces derniers, plus sveltes. Parfois, une femelle fait une erreur et pond un oeuf mâle dans une cellule femelle ce qui donne un mâle géant au printemps prochain. Si le contraire arrive et qu'un oeuf femelle est mis dans une cellule approvisionnée pour un mâle, une femelle naine en est le résultat.
Les cellules plus profondes appartiennent presque toujours aux femelles et celles près de la surface, aux mâles.

Lorsque la femelle a complété l'approvisionnement de sa première cellule, elle pond un seul oeuf, d'une couleur blanc opalin, sur le pollen. Ensuite, elle ramasse assez de boue pour construire un mur scellant ainsi la cellule. Elle répète ce processus d'approvisionnement jusqu'à faire une ligne complète de cellules, chacune avec un seul oeuf séparé de son voisin par un mur de boue. La dernière cellule terminée est toujours à 1-2cm de l'entrée. A ce point là, elle ferme le nid avec de la boue en laissant une cellule vestibulaire vide entre la fermeture du nid et la première cellule occupée. Il est suggéré que la vide soit un moyen de découragement pour quelques parasites qui pondent dans les nids.
Le nombre de cellules par nid dépend de la longueur de la cavité utilisée.
Après avoir complété son premier nid, elle en recommencera un autre. Dans sa vie d'adulte, elle peut arriver à faire 4-5 nids.

Vers la fin juin, les femelles deviennent un peu usées et dépenaillées ; le roux brillant de ses poils a blanchi par le soleil et est devenu gris. Le centre du thorax et de l'abdomen seront dépouillés par l'abrasion constante du mur des cellules et les pointes de ses ailes très effilochées.
Souvent, on trouve des femelles très âgées aux entrées des nids, fréquemment avec un tremblement évident qui montre les signes d'un comportement sénile. Une femelle peut approvisionner une cellule et la fermer sans oeuf ou, plus souvent, construire des murs avec des cellules complètement vides. Il est possible que ce comportement soit simplement indicatif du fait qu'elle n'ait plus d'oeufs.

Finalement, les femelles meurent mais déjà leurs progénitures sont actives : l'éclosion des oeufs produit de minuscules larves qui commencent à se nourrir avec voracité sur les stocks de pollen pendant la plupart de l'été. Au début, la cuticule douce peut agrandir en augmentant de taille, mais finalement les larves sont obligées de muer. Pendant la période de développement et de croissance, chacun a besoin de muer 4 à 5 fois. Quand la larve termine sa croissance, il ne reste presque plus de pollen. Autour de la mi-août, début septembre, la larve file un cocon de soie solide et marron et commence l'étape de pupe. Pendant cette période, les tissus des larves sont réassemblés pour former l'abeille adulte.
Les abeilles deviennent adultes à la fin de septembre, début octobre et restent dans leurs cocons jusqu'au printemps prochain quand elles émergent : le cycle recommence.



Leurs nids attirent plusieurs espèces de mites, pour la plupart Chaetodactylus osmiae.
Les mites entrent dans les nids en l'absence des femelles et mangent le pollen qui n'a pas été avalé par les larves. De cette manière, elles sont de bons associés et ont un rôle de récupération. Par contre, si elles sont présentes en un nombre trop important, elles mangent tout le pollen et l'oeuf, se reproduisent et se répliquent dans la masse de pollen.
Au printemps suivant, les abeilles qui sortent de derrière une cellule infestée par ces mites, passent par cette cellule en route pour l'extérieur et, par leur passage, se retrouvent couvertes par des milliers de petites mites. Quand cette abeille visite une fleur, plusieurs de ces mites sortent et y restent pour infester une autre abeille quand elle la butinera et seront ainsi transportées jusqu'au nid.
Si une abeille mâle est infestée par des mites, ces dernières se concentrent au bout de son abdomen, près de ses organes génitaux. Lorsque le mâle se reproduit, les mites quittent le mâle et montent sur la femelle.



Niveau ennemis, il y'a une mouche et un scarabée. Il y'a en plus deux espèces de guêpe qui sont parasitaires. Il y'a seulement des noms latins pour ces parasites et ils n'ont pas de noms familiers.
La mouche est Cacoxenos indagator et les femelles attendent autour des entrées des nids. Quand la femelle part pour ramasser du pollen, la mouche entre et pond un groupe d'oeufs. Après que la femelle abeille ait complété la cellule, les oeufs de la mouche éclosent plus tôt que ceux de l'abeille et les larves mangent donc la réserve de pollen. Quand l'abeille éclos à son tour, il n'y a plus assez de nourriture pour son développement et la larve meurt de faim.
La réserve de pollen dans une cellule est suffisante pour le développement de 15-20 larves de mouches. Les cellules infestées par les mouches sont faciles à identifier : elles sont pleines d'une masse dense de filaments fécaux, longs et bouclés de larves de mouches.
Le scarabée parasitaire s'appelle Ptinus sexmaculatus et, comme la mouche, ses larves sont des cleptoparasites (parasite qui tue son hôte non par une attaque directe mais par le vol de nourriture) dans les nids de 2mm de long, elles mangent le dépôt de pollen.
Les guêpes, elles, agressent leurs hôtes directement. L'une d'entre elles est un petit insecte vert métallique de 2mm de long et qui s'appelle Monodontomerus obscurus. Ces guêtes attaquent seulement lorsque la cellule est terminée, scellée et que la larve soit bien développée. La femelle de la guêpe a un tuyau pour pondre, l'ovipositeur, qui sort du bout de son abdomen qu'elle utilise pour injecter ses oeufs par le côté de la tige dans laquelle se trouve la cellule. A l'intérieur, les oeufs éclosent et se nourrissent comme les parasites sur la larve de l'abeille et, finalement, la tuent.
Une seule larve peut permettre 15-20 de ces petites guêpes à se développer.
L'autre guêpe est beaucoup plus grande et mesure 10-12mm. Elle s'appelle Sapyga clavicorns et la femelle entre dans la cellule pendant que l'abeille est absente. Elle pond un ou deux oeufs qui éclosent avant ceux de l'abeille. Leur première action est de manger l'oeuf de l'abeille avant d'avaler le pollen pour compléter leur développement.


Cette description et ces informations proviennent du livre Les abeilles maçonnes de Christopher O'Toole.





Créateur de la fiche : Sha-ka Dernière update : aucune update sur cette fiche



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