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Topo sur les loups en France : chiffres et vérités

Lorsqu’on parle du loup en France, il est très difficile de faire la part des choses entre ce que nous disent les anti loups et les pro loups.

La désinformation et la manipulation semblent être devenus habituelles au niveau du loup, que ce soit via des mensonges purs et simples ou des chiffres sortis d’on ne sait où, il est devenu difficile d’avoir de vrais renseignements objectifs sur le loup, comme si le loup était devenu un sujet menaçant la France toute entière !

Pourtant, loin des buzz médiatiques qui ne font que de mettre de l’huile sur le feu, si l’on se base sur les chiffres que l’on peut dire fiables, voici ce qu’il apparait au niveau des estimations des populations de différentes espèces, dont le loup pour 2013.


Sources : chiffres ours, moutons, lynx, cerfs

De quoi relativiser leur nombre, non ? Alors, bien sûr, il est normal que les prédateurs soient moins nombreux que leurs proies, de même que la population de loups n’a pas vocation à réguler l’intégralité des animaux cités, le but n’est évidemment pas qu’il puisse réguler tout les autres animaux.

Et les dégâts qu’ils causent ? Insignifiants ! Bien qu’on ait droit à chaque prédation aux gros titres dans certains journaux, le nombre de bêtes tuées est ridicule par rapport à leur cheptel total ou même, par rapport aux maladies et aux accidents.
De plus, il faut systématiquement inclure dans les chiffres attribués les attaques de chiens errants ; bien souvent, on va préférer accuser le loup puisque avec lui, on sera indemnisé, et c’est tellement plus pratique de déverser sa bile sur l’écologiste "bobo" plutôt que sur son voisin qui laisse trainer ses chiens la nuit durant.
Ceci dit, la aussi, il faut faire attention : il existe peu de chiffres officiels sur la prédation des chiens errants, et il est difficile de déceler le chien errant du loup dans certains cas, il ne faut pas non plus croire que chaque attaque de loup soit le fait de chien errant, ce n’est pas le cas.
Bref, on ne pourra que faire état de fourchettes et d’estimation. Pour le loup, chaque année, il prélève entre 2500 et 4500 ovins.
2500 ou 4500, cela peut paraitre beaucoup, et pourtant, par rapport au nombre de loups et au nombre d’ovins, cela est insignifiant ! En fait, ce chiffre ne fait que prouver que le loup ne se nourrit pas que d’ovins, et qu’il se nourrit très largement d’autres proies. Seulement, comme tout les animaux, il est opportuniste, et si l’occasion se présente, il ne va pas refuser un mouton, surtout si il est sans protection.
Car on ne le répètera jamais assez : le loup est opportuniste ! Si le troupeau dispose d’une protection, dans la majorité des cas, il va passer son chemin et choisir une proie plus facile. La protection est le meilleur moyen d’éviter toute attaque, ou en tout cas de largement les diminuer. Par ailleurs, la majorité des éleveurs qui se font régulièrement prélever des moutons ne disposent pas de protection, alors, pourquoi continuer d’hurler au loup quand on l’invite ?
Et quand on connait les quota atteint par les chasseurs, on a de quoi relativiser la prédation des loups qui, eux, ne font ça que pour se nourrir.

Et qu’ont entrainé tout ces dégâts ? Aux fameuses et fumeuses "régulations", qui passent par la destruction d’individus d’une espèce soi disant protégée.
Et en cumulant les différentes autorisations et les différents abattages, voici ce qu’on obtient :

Premier constat : le nombre de loups n’augmente pas de beaucoup. Est-ce normal ? Non, car au vu de la situation, la croissance des loups devrait augmenter de 20 à 30% chaque année, ce qui n’est pas le cas. Pourquoi ? 3 explications : soit on sous estime le nombre de loups, mais pour une raison qui m’échappe, soit on sous estime le nombre de prélèvements, ou alors, beaucoup plus probable, le braconnage est plutôt élevé, et totalement occulté. Rappelons que plusieurs lynx ont "disparu" alors qu’ils étaient suivis et/ou balisés sans qu’on ne les retrouve jamais, alors, on peut bien imaginer que des loups ont subis le même sort dans l’indifférence générale.
On remarquer donc que bien que le nombre de loups n’ait pas énormément augmenté ces dernières années, le nombre de loups tués n’a fait qu’augmenter année après année, et pire encore : le nombre d’autorisations a littéralement explosé ces dernières années !
A tel point qu’une autorisation peut tomber un mois après le signalement de la présence... D’un seul loup !

Fort heureusement, la plupart de ces autorisations n’aboutissent pas, et, par rapport à leur nombre, peu de loups sont tués. Ces autorisations ne sont donc que des sources d’apaisements entre l’État et les éleveurs, preuve, une fois encore, que l’État ne s’est toujours pas positionné sur l’affaire des loups et préfère la fuite en avant, espérant contenter tout le monde alors qu’au final, personne n’est satisfait...

A quand une politique claire sur nos grands prédateurs ? Cela fait 24 ans que le loup est revenu en France et cela fait 24 ans que la politique est tout sauf transparente ! Indemnisations, régulations, tirs d’effarouchements, et pourtant, le loup reste protégé en France... Ou l’État a peur des éleveurs et n’ose pas faire preuve de fermeté quant à leur position et actions à l’encontre des loups, ou l’État a peur des sanctions de l’Union Européenne par rapport au déclassement du loup ; dans les deux cas, c’est pitoyable et indigne d’un État de droits !

Car, rappelons le : il est tout à fait possible de cohabiter avec le loup, bien d’autres pays le font, avec un nombre plus important de canidés pour bien moins de polémiques ! Mais pour ce faire, il faut savoir rester ferme et prendre des mesures rapides lorsque des dégâts sont constatés. Les indemnisations ne doivent être que la solution de dernier recours, et en aucun cas une solution systématique qui n’a que pour but d’enterrer l’affaire le plus rapidement possible. En Allemagne, l’indemnisation pour un troupeau non protégé se fait uniquement lors de la première attaque, quoi de plus normal ? Une fois attaqué et indemnisé, la rigueur professionnelle implique de réagir et de prendre des mesures pour pallier à cette faiblesse. En France, on peut se faire attaquer une dizaine de fois sur un même troupeau non protégé : non seulement l’indemnisation continuera, mais en plus, on ne demandera pas de compte aux éleveurs, pire ; ceux-ci vont se plaindre !
En 24 ans, il y a eu 16 Ministres de l’Environnement (écologie ou développement durable, les noms ont changé mais les fonctions restent les mêmes), n’allez pas me dire qu’aucun n’avait les compétences requises pour clore ou au moins faire avancer cette affaire ?

Et si l’on mettait pour une fois de côté les plus radicaux des 2 partis (pro et anti) pour écouter des gens un peu plus raisonnables et étant prêts à faire des concessions ? A n’écouter que les mêmes, on en revient toujours aux mêmes pseudo problèmes, et l’on n’avancera jamais, ou à l’envers, puisque pour le moment, les seules "avancées" sont des autorisations de tirs et de prélèvements, ce qui revient à vouloir restreindre, arrêter voir, faire reculer l’avancée du loup en France.
Alors, pour ou contre les loups ? En tout cas, les Français ont un avis bien plus tranché que l’État, 55% sont contre l’abatage des loups même sous conditions, et 76% considèrent que le loup a sa place en France.

Alors, chiche pour suivre, pour une fois, la majorité, comme dans une vraie démocratie ?

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Date de rédaction : 12 mai 2014
Dernière modification : 14 mai 2014

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